1967 Dino 206 GT Spécial

   
1967 Dino 206 GT 2019 Olgun Kordal / Drive-My FR

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UNE STAR EST NÉE

Même si vous croyez la connaître, l’histoire de la Dino réclame un peu de débroussaillage. Elle est née dans un contexte d’opportunité commerciale, de douleur, d’honneur sportif et de dynastie familiale privée d’un héritier légitime avec le décès en 1956 d’Alfredo “Dino” Ferrari, à l’âge de 24 ans. En donnant à une série de moteurs de compétition le nom de son fils, qui avait travaillé sur un V6 avant sa disparition, Enzo a semé les graines d’une gamme de Ferrari plus petites et moins chères, même si la forme qu’elles prendraient n’était pas encore claire. Il savait sans doute qu’un tel modèle réclamerait des fonds et une coopération extérieurs, et l’ASA 1000 avait montré qu’il n’était pas hostile à l’idée d’une autre marque produisant une “Ferrarina” sous licence.

Mais l’origine de la Dino de route vient de la nécessité de produire 500 exemplaires d’un moteur de 6 cylindres maximum pour l’homologation de la Formule 2 de 1965. Enzo considérait la F2 comme un moyen important de révéler de jeunes talents italiens. Concevoir un tel moteur n’était pas un problème (il existait la version 1,5 litre), mais trouver l’espace et le personnel pour le fabriquer était impossible pour une firme concentrée sur les monoplaces de GP et les voitures d’endurance de grosse cylindrée. Ferrari a alors sollicité l’aide de Fiat, signant un accord avec Gianni Agnelli pour fabriquer à Turin une version “industrialisée” du V6 quatre arbres conçu par Franco Rocchi, pour le coupé et le spider Fiat Dino. L’angle de 65° laissait la place pour des culasses à deux ACT et des carburateurs Weber 40DCN.

La vente de ces voitures a rapidement satisfait aux exigences d’homologation, et la rumeur n’a pas tardé à circuler d’une voiture à moteur central, comme l’ont annoncé plusieurs show cars entre 1965 et 1967. D’abord la 206 Speciale (ci-dessus) basée sur une 206 S de course. Son V6 longitudinal était factice, sans équipage mobile, mais la forme posait le principe d’une biplace au dessin voluptueux, et elle annonçait un nouveau système de dénomination reprenant la cylindrée et le nombre de cylindres.

La Dino Berlinetta GT de Turin, en 1966, était plus proche de la version lancée un an plus tard. Les trois premiers exemplaires étaient des prototypes de présérie fabriqués par Pininfarina, les autres par Scaglietti. Les livraisons ont commencé au printemps 1968, avec 99 unités vendues cette année-là et 51 la suivante, avant le remplacement par la 246 GT de 195 ch. Avec son bloc en fonte et sa carrosserie acier, la 246 était plus lourde de 150 kg, mais les 15 ch de plus (et un couple plus généreux) compensaient ce handicap. Et surtout, elle était suffisamment robuste et aboutie pour s’attaquer aux Porsche 911.


 


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Lu 263 fois Dernière modification le vendredi, 20 septembre 2019 13:20

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